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	<title>Archives des Compétences - Lab Diving</title>
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	<title>Archives des Compétences - Lab Diving</title>
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	<item>
		<title>Lorsque l’examen transforme le curriculum</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Richard Mas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Sep 2026 03:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[Certification]]></category>
		<category><![CDATA[Compétences]]></category>
		<category><![CDATA[Curriculum]]></category>
		<category><![CDATA[Formation des moniteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Régulation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’examen commence bien avant l’examen Depuis plus de trente ans que j’accompagne et forme des moniteurs fédéraux et d’état 1° et 2°, une question récurrente que j’ai entendu de nombreuses fois apparaît toujours très rapidement : «&#160;Est-ce que cela peut tomber à l’examen ?&#160;» Cette question est légitime. Le candidat s’engage dans un cursus exigeant, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">L’examen commence bien avant l’examen</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plus de trente ans que j’accompagne et forme des moniteurs fédéraux et d’état 1° et 2°, une question récurrente que j’ai entendu de nombreuses fois apparaît toujours très rapidement :</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Est-ce que cela peut tomber à l’examen ?</em>&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question est légitime. Le candidat s’engage dans un cursus exigeant, organisé sur plusieurs mois, et dont l’issue dépend d’une certification. Il cherche donc à comprendre les attentes du jury. Progressivement, cette préoccupation influence sa manière de se former. Il sélectionne les connaissances qu’il juge utiles, adopte des formes de préparation reconnues et s’entraîne à produire les comportements qu’il pense attendus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les tuteurs 2° ne sont pas extérieurs à ce phénomène. Ils corrigent les prestations à partir de leur expérience des examens, transmettent des façons de présenter une séance et attirent l’attention sur les erreurs susceptibles d’être sanctionnées. À l’approche du stage final, les situations de formation ressemblent de plus en plus aux épreuves certificatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’examen n’agit donc pas seulement au moment où le candidat se présente devant le jury. Il influence le curriculum dès l’entrée en formation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène est connu dans les recherches sur l’évaluation sous le nom d’<strong>effet de retour</strong>, ou <em>washback</em>. Il désigne l’influence qu’exerce une épreuve sur les contenus enseignés, les pratiques des formateurs et les stratégies d’apprentissage des candidats. Cette influence n’est pas nécessairement négative. Une certification bien conçue peut orienter les apprentissages vers les capacités réellement attendues. À l’inverse, une épreuve trop éloignée de l’activité professionnelle peut rétrécir le curriculum et encourager un entraînement centré sur la réussite au test.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La métasynthèse de Wayne Au, portant sur 49 études qualitatives, montre que les évaluations à forts enjeux peuvent modifier simultanément les contenus enseignés, la forme des connaissances travaillées et les pratiques pédagogiques (Au 2007). Les résultats ne sont pas uniformes, mais ils confirment que l’examen constitue un puissant instrument de régulation du système de formation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, ce qui est évalué tend à devenir ce qui est travaillé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’évaluation révèle le curriculum réel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un référentiel peut affirmer que la formation vise l’autonomie, l’adaptation, la prise de décision ou la capacité à exercer une activité professionnelle complexe. Cependant, si la certification valorise principalement la restitution de connaissances, la conformité d’une préparation ou la reproduction d’une procédure, ce sont ces performances qui structureront progressivement la formation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe ainsi une différence possible entre trois niveaux :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>le <strong>curriculum prescrit</strong>, correspondant aux compétences et contenus annoncés dans le référentiel ;</li>



<li>le <strong>curriculum enseigné</strong>, constitué de ce que les formateurs font effectivement travailler ;</li>



<li>le <strong>curriculum évalué</strong>, correspondant à ce que les épreuves rendent observable et valorisent.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque ces trois niveaux sont cohérents, la certification soutient le projet de formation. Lorsqu’ils divergent, le curriculum évalué tend à prendre le dessus, car il détermine directement la réussite ou l’échec du candidat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le principe d’alignement pédagogique développé par Biggs consiste précisément à mettre en cohérence les objectifs, les activités d’apprentissage et les tâches d’évaluation. Les performances demandées lors de la certification doivent être de même nature et de même niveau que celles annoncées dans les objectifs de formation (Biggs 1996)</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’alignement ne signifie cependant pas que la formation doive devenir une répétition permanente de l’examen. Il signifie que les épreuves doivent donner une représentation suffisamment fidèle des apprentissages réellement recherchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question centrale devient alors :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;<em>Qu’est-ce que la réussite à l’épreuve permet réellement d’affirmer sur la capacité du candidat à exercer</em> ?&nbsp;»</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Décomposer pour évaluer : une nécessité et un risque</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour organiser une certification, il est nécessaire de décomposer l’activité professionnelle. Le jury doit disposer de critères communs, d’un temps défini et de conditions suffisamment comparables pour garantir l’équité entre les candidats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une certification de moniteur peut ainsi distinguer :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les connaissances théoriques et réglementaires ;</li>



<li>la maîtrise technique ;</li>



<li>la conception d’une séance ;</li>



<li>la conduite d’un enseignement ;</li>



<li>l’organisation de l’activité ;</li>



<li>la gestion de la sécurité.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cette décomposition rend l’évaluation possible. Elle permet d’identifier les domaines maîtrisés et de répartir l’observation entre plusieurs épreuves. Mais elle comporte un risque : transformer la compétence en une addition de ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La représentation implicite devient alors : <em>techniques + connaissances + pédagogie + organisation = moniteur compétent.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, posséder chacune de ces ressources ne garantit pas leur mobilisation pertinente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Le Boterf, la compétence ne réside pas dans la seule possession de ressources. Elle se manifeste dans la capacité à savoir agir et interagir avec pertinence en situation. Tardif la considère également comme un savoir-agir complexe fondé sur la mobilisation et la combinaison efficaces de ressources internes et externes. L’évaluation d’une compétence suppose donc de documenter un parcours et d’observer comment les ressources sont intégrées dans différentes situations, plutôt que de vérifier seulement leur présence séparée (<a href="https://www.editions-eyrolles.com/livre/construire-les-competences-individuelles-et-collectives-2" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le Boterf, 2018</a> ; <a href="https://www.cheneliere.ca/fr/valuation-des-comp-tences-9782765010050.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Tardif, 2006</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La compétence professionnelle apparaît lorsqu’un moniteur :</p>



<ol start="1" class="wp-block-list">
<li>perçoit les éléments significatifs d’une situation ;</li>



<li>construit un diagnostic ;</li>



<li>sélectionne et combine des ressources ;</li>



<li>prend une décision ;</li>



<li>agit ;</li>



<li>observe les effets de son intervention ;</li>



<li>régule son action ;</li>



<li>peut expliquer et discuter ses choix.</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Une épreuve peut donc vérifier plusieurs ressources sans nécessairement rendre visible la manière dont le candidat les mobilise dans l’action.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La compétence devient visible lorsque la préparation ne fonctionne plus</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un candidat peut savoir formuler un objectif, annoncer un briefing, organiser une démonstration et présenter des critères de réussite. Ces capacités sont nécessaires. Elles ne suffisent toutefois pas à caractériser pleinement la compétence du moniteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celle-ci devient particulièrement visible lorsque la situation s’écarte de ce qui avait été prévu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’élève ne comprend pas la consigne. Sa réalisation technique se dégrade. Le niveau du groupe est plus hétérogène qu’anticipé. Les conditions du milieu changent. Un signe de fatigue apparaît. Le temps disponible diminue. La situation initialement prévue devient trop difficile ou perd son intérêt pédagogique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que fait alors le candidat ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Répète-t-il sa consigne ? Maintient-il son exercice parce qu’il figurait dans sa préparation ? Ou comprend-il ce qui se passe, modifie-t-il la tâche, réduit-il une contrainte, change-t-il de modalité de guidage et vérifie-t-il les effets de son intervention ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La didactique professionnelle invite précisément à analyser les formes d’organisation de l’activité qui permettent à un professionnel de traiter des situations variables. La compétence ne se réduit pas à l’application d’une procédure : elle comporte une dimension de conceptualisation, de diagnostic et d’adaptation (Pastré, 2011).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’observation d’une préparation renseigne sur la capacité à anticiper. L’observation de la régulation renseigne sur la capacité à exercer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux sont nécessaires, mais elles ne produisent pas les mêmes preuves.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le cas de la formation des moniteurs de plongée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Manuel de formation technique de la FFESSM indique que le MF1 atteste la maîtrise des compétences nécessaires à l’exercice de la fonction d’enseignant E3. Le cursus associe un stage initial, un stage en situation, un stage final et un examen. Dans sa version de juillet 2026, l’examen comprend notamment des épreuves de pédagogie pratique, de pédagogie organisationnelle, de pédagogie théorique et une intervention sur un plongeur en difficulté. Le stage final doit par ailleurs préparer les candidats à chacune de ces épreuves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette organisation répond à des nécessités de faisabilité, de lisibilité et d’équité. Elle donne au jury plusieurs sources d’information et ne réduit pas la certification à une seule performance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la forme des épreuves peut exercer un effet de retour sur l’ensemble du cursus. Lorsque les sujets sont préparés dans un temps limité, exposés devant un jury et associés à des formats relativement stabilisés, les candidats peuvent être conduits à travailler prioritairement la construction rapide d’une réponse conforme. Les tuteurs peuvent, de leur côté, multiplier les entraînements sur des sujets types et transmettre des structures de présentation destinées à sécuriser la prestation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas d’affirmer que ces pratiques sont systématiques, ni que les épreuves ne permettent aucune observation de la compétence. Une recherche empirique spécifique serait nécessaire pour mesurer leur importance dans les différents territoires et contextes de formation. Il est toutefois raisonnable de formuler l’hypothèse suivante : <strong>plus la réussite dépend de la maîtrise d’un format d’épreuve prévisible, plus le cursus risque de se transformer en préparation à ce format.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le même questionnement peut être appliqué au MF2. La certification distingue plusieurs groupes d’épreuves pédagogiques, pratiques et théoriques, notées séparément et affectées de coefficients. Cette architecture permet une couverture étendue des ressources attendues. Elle pose néanmoins la question de leur intégration : dans quelle mesure la réussite aux différents groupes permet-elle d’inférer la capacité à former des moniteurs, à analyser leurs interventions et à accompagner leur développement professionnel ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les diplômes d’État adoptent une autre architecture formelle, articulant référentiel d’activités, référentiel de compétences et référentiel d’évaluation. Le DEJEPS mention « activités de plongée subaquatique » relie ainsi les situations professionnelles aux compétences et aux critères d’évaluation Cette organisation ne garantit pas, à elle seule, une formation ou une certification véritablement centrée sur les compétences. Un référentiel formulé en compétences peut lui aussi donner lieu à des préparations standardisées si les situations certificatives ne permettent pas d’observer suffisamment l’activité réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’opposition pertinente n’est donc pas « diplôme fédéral contre diplôme d’État ». Elle se situe entre :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>une certification qui vérifie principalement la présence de ressources ;</li>



<li>et une certification qui cherche également à comprendre comment le candidat les mobilise dans des situations significatives.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Une épreuve ne constitue jamais une photographie complète de la compétence</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les recherches sur l’évaluation professionnelle montrent qu’aucun instrument isolé ne peut rendre compte de toutes les dimensions d’une compétence. Van der Vleuten et Schuwirth soulignent que la qualité d’une évaluation dépend moins d’une méthode idéale que de la combinaison de plusieurs sources d’information. Ils insistent notamment sur la validité, la fiabilité, l’authenticité, l’impact éducatif, l’acceptabilité et la faisabilité du dispositif (<a href="https://asmepublications.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1365-2929.2005.02094.x" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Van der Vleuten et Schuwirth, 2005</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une situation très standardisée peut renforcer la comparabilité entre candidats, mais appauvrir la situation professionnelle observée. À l’inverse, une situation très authentique peut révéler l’adaptation et le jugement, tout en rendant les comparaisons plus difficiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit donc pas de choisir entre équité et authenticité, mais d’organiser un compromis explicite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle de Miller, initialement conçu pour l’évaluation des compétences cliniques, distingue ce que le candidat sait, ce qu’il sait expliquer, ce qu’il montre en situation simulée et ce qu’il fait réellement dans la pratique. Cette distinction est transposable avec prudence à la formation des moniteurs : réussir une présentation ou une mise en situation renseigne sur ce que le candidat peut montrer dans les conditions de l’épreuve, mais pas nécessairement sur la stabilité de son activité dans la durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’authenticité ne consiste d’ailleurs pas à reproduire intégralement le réel. Elle suppose une proximité suffisante entre la tâche évaluée et les situations professionnelles de référence. Gulikers, Bastiaens et Kirschner proposent de l’examiner à travers cinq dimensions : la tâche, le contexte, le résultat attendu, les critères d’évaluation et la manière dont le candidat est engagé dans l’activité (<a href="https://research.ou.nl/en/publications/a-five-dimensional-framework-for-authentic-assessment/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Gulikers et al., 2004</a>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Transformer l’effet de retour en levier de formation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’effet de retour de l’examen est inévitable. La question n’est pas de le supprimer, mais de l’orienter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la certification valorise principalement la conformité de la préparation, les candidats apprendront à préparer. Si elle valorise la restitution, ils apprendront à restituer. Si elle observe la qualité du diagnostic, la régulation et l’argumentation, les cursus donneront davantage de place à ces capacités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Frederiksen et Collins parlent de « validité systémique » pour désigner des dispositifs d’évaluation capables de provoquer des évolutions curriculaires et pédagogiques cohérentes avec les apprentissages recherchés. Une épreuve peut ainsi être conçue non seulement pour mesurer un résultat, mais aussi pour encourager des manières pertinentes d’apprendre et d’enseigner (<a href="https://journals.sagepub.com/doi/10.3102/0013189X018009027" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Frederiksen et Collins, 1989</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la formation des moniteurs, plusieurs évolutions déjà d’actualité, mais peu présentes dans les référentiels peuvent favoriser cet effet de retour positif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Observer la préparation et la régulation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le candidat peut être évalué sur la cohérence de sa préparation, mais aussi sur sa capacité à identifier un écart, à modifier son intervention et à contrôler les effets de cette modification.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Introduire une variation significative</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une information nouvelle peut être communiquée après la préparation : changement dans les caractéristiques de l’élève, difficulté inattendue, modification du milieu ou réduction du temps disponible. Cette variation ne doit pas devenir un piège. Elle doit permettre d’observer comment le candidat actualise son diagnostic.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Demander une explicitation après l’action</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la situation, le candidat peut être invité à distinguer :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>ce qu’il avait prévu ;</li>



<li>ce qu’il a effectivement observé ;</li>



<li>ce qu’il a décidé de conserver ou de modifier ;</li>



<li>les effets produits ;</li>



<li>ce qu’il ferait lors d’une nouvelle intervention.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif n’est pas de récompenser une justification habile après coup, mais d’accéder aux indices pris en compte et au raisonnement qui a orienté l’action.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Croiser plusieurs observations</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une décision certificative gagne en solidité lorsqu’elle repose sur des observations effectuées dans plusieurs situations, par plusieurs évaluateurs et à différents moments du cursus. Le stage en situation ne devrait pas seulement autoriser l’accès à l’examen : il peut contribuer à documenter le développement professionnel du candidat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Évaluer la hiérarchisation des priorités</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une situation complexe, toutes les attentes ne peuvent pas être traitées simultanément. Le candidat compétent doit savoir préserver la sécurité, reconnaître l’objectif prioritaire, renoncer temporairement à une ambition secondaire et ajuster son intervention.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rendre les critères de régulation visibles</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les grilles d’évaluation pourraient distinguer explicitement :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la lecture de la situation ;</li>



<li>la pertinence des décisions ;</li>



<li>la prise en compte des caractéristiques des pratiquants ;</li>



<li>la gestion de la sécurité ;</li>



<li>l’adaptation des variables de la tâche ;</li>



<li>l’observation des effets ;</li>



<li>la capacité à analyser l’intervention.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces critères déplaceraient progressivement le travail des candidats et des tuteurs vers l’activité professionnelle elle-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne pas opposer ressources et compétences</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Réinterroger les certifications ne signifie pas abandonner l’évaluation des connaissances, des techniques ou des capacités de préparation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un moniteur ne peut pas décider avec pertinence s’il ne dispose pas de connaissances solides. Il ne peut pas garantir la sécurité sans maîtrise technique. Il ne peut pas organiser une formation sans capacité d’anticipation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les ressources constituent donc une condition de la compétence. Elles n’en constituent pas la preuve suffisante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La certification doit pouvoir vérifier certaines ressources séparément lorsque cela est nécessaire, puis observer leur mobilisation dans des situations où le candidat doit comprendre, décider, agir et réguler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette articulation permet d’éviter deux réductions symétriques :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>considérer que la somme des ressources suffit à démontrer la compétence ;</li>



<li>considérer qu’une seule situation globale permet d’évaluer toutes les ressources avec suffisamment de précision.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu est de construire un ensemble cohérent de preuves.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’examen ne vient jamais simplement clore une formation. Il lui donne une direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ses sujets, ses critères, ses coefficients et les comportements qu’il récompense, il indique aux candidats et aux tuteurs ce qui compte réellement. Même lorsqu’il n’est présent qu’à la fin du cursus, il agit depuis le stage initial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rétroaction peut réduire la formation à une préparation aux épreuves. Elle peut également devenir un levier puissant de professionnalisation si la certification rend visibles les capacités réellement attendues dans l’exercice de l’activité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est donc pas de supprimer les épreuves techniques, les connaissances théoriques ou les préparations structurées. Elle est de déterminer si leur combinaison permet d’inférer avec suffisamment de solidité la capacité à exercer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un moniteur compétent ne se reconnaît pas seulement à ce qu’il sait préparer ou démontrer lorsque tout se déroule comme prévu. Il se reconnaît aussi à sa capacité à percevoir ce qui change, à hiérarchiser les priorités, à modifier son action, à maintenir la sécurité et à apprendre de l’expérience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si ces capacités constituent bien le cœur du métier, elles doivent devenir visibles dans la certification. À défaut, elles risquent de rester périphériques dans la formation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bibliographie</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Au, W. (2007). High-stakes testing and curricular control: A qualitative metasynthesis. <em>Educational Researcher, 36</em>(5), 258–267.(<a href="https://www.researchgate.net/publication/242509493_High-Stakes_Testing_and_Curricular_Control_A_Qualitative_Metasynthesis" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>) </li>



<li>Biggs, J. (1996). Enhancing teaching through constructive alignment. <em>Higher Education, 32</em>, 347–364. (<a href="https://www.researchgate.net/publication/220017462_Enhancing_Teaching_Through_Constructive_Alignment" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>) </li>



<li>Frederiksen, J. R., &amp; Collins, A. (1989). A systems approach to educational testing. <em>Educational Researcher, 18</em>(9), 27–32. (<a href="https://www.jstor.org/stable/1176716" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>) </li>



<li>Gulikers, J. T. M., Bastiaens, T. J., &amp; Kirschner, P. A. (2004). A five-dimensional framework for authentic assessment. <em>Educational Technology Research and Development, 52</em>(3), 67–86. (<a href="https://www.researchgate.net/publication/225150359_A_fivedimensional_framework_for_authentic_assessment" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>) </li>



<li>Le Boterf, G. (2018). <em>Construire les compétences individuelles et collectives : agir et réussir avec compétence</em> (7e éd.). Eyrolles. (<a href="https://www.editions-eyrolles.com/livre/construire-les-competences-individuelles-et-collectives-2" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>) </li>



<li>Messick, S. (1996). Validity and washback in language testing. <em>Language Testing, 13</em>(3), 241–256 (<a href="https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/026553229601300302" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>) </li>



<li>Miller, G. E. (1990). The assessment of clinical skills, competence and performance. <em>Academic Medicine, 65</em>(9), S63–S67(<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/2400509/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>) </li>



<li>Pastré, P. (2011). <em>La didactique professionnelle : approche anthropologique du développement chez les adultes</em>. Presses universitaires de France. (<a href="https://journals.openedition.org/activites/2645" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>) </li>



<li>Perrenoud, P. (1998). <em>L’évaluation des élèves : de la fabrication de l’excellence à la régulation des apprentissages</em>. De Boeck. (<a href="https://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php_main/OUVRAGES/Perrenoud_1998_A.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>) </li>



<li>Tardif, J. (2006). <em>L’évaluation des compétences : documenter le parcours de développement</em>. Chenelière Éducation. (<a href="https://www.amazon.fr/L%C3%A9valuation-comp%C3%A9tences-Documenter-parcours-d%C3%A9veloppement/dp/2765010056" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>) </li>



<li>Van der Vleuten, C. P. M., &amp; Schuwirth, L. W. T. (2005). Assessing professional competence: From methods to programmes. <em>Medical Education, 39</em>(3), 309–317.  (<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15733167/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>)</li>
</ul>
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		<title>La société de l&#8217;immédiateté : quels impacts sur l&#8217;investissement des plongeurs et la formation ?</title>
		<link>https://lab-diving.com/la-societe-de-limmediatete-quels-impacts-sur-linvestissement-des-plongeurs-et-la-formation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Richard Mas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Aug 2026 07:41:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[Compétences]]></category>
		<category><![CDATA[engagement]]></category>
		<category><![CDATA[formation]]></category>
		<category><![CDATA[immédiateté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Introduction Les moniteurs observent aujourd&#8217;hui une évolution des attentes des pratiquants : formations plus courtes, recherche d&#8217;un plaisir immédiat, fidélisation plus difficile et consommation ponctuelle des activités. Ces évolutions ne sont pas propres à la plongée. Elles s&#8217;inscrivent dans des transformations profondes de nos sociétés actuelles décrites par de nombreux sociologues. L&#8217;accélération du temps social &#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://lab-diving.com/la-societe-de-limmediatete-quels-impacts-sur-linvestissement-des-plongeurs-et-la-formation/" data-wpel-link="internal">La société de l&rsquo;immédiateté : quels impacts sur l&rsquo;investissement des plongeurs et la formation ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://lab-diving.com" data-wpel-link="internal">Lab Diving</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les moniteurs observent aujourd&rsquo;hui une évolution des attentes des pratiquants : formations plus courtes, recherche d&rsquo;un plaisir immédiat, fidélisation plus difficile et consommation ponctuelle des activités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces évolutions ne sont pas propres à la plongée. Elles s&rsquo;inscrivent dans des transformations profondes de nos sociétés actuelles décrites par de nombreux sociologues. L&rsquo;accélération du temps social (Rosa, 2010), la modernité liquide (Bauman, 2000) ou encore l&rsquo;hyperconsommation (Lipovetsky, 2006) modifient durablement notre rapport aux loisirs, à l&rsquo;engagement et à l&rsquo;apprentissage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans quelle mesure ces transformations influencent-elles la pratique de la plongée et les formations de plongeurs et de moniteurs ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une société qui valorise l&rsquo;immédiateté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nos sociétés occidentales sont caractérisées par une accélération permanente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Internet, les réseaux sociaux, le streaming, les achats en un clic ou les livraisons dans la journée installent progressivement une culture du « tout, tout de suite ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hartmut Rosa parle d&rsquo;<strong>accélération sociale</strong> : les individus cherchent à multiplier les expériences dans un temps toujours plus réduit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps consacré à une activité devient une ressource rare.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les loisirs entrent alors en concurrence permanente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pratiquant ne choisit plus seulement une activité ; il arbitre constamment entre :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les voyages ;</li>



<li>les sports de nature ;</li>



<li>les activités numériques ;</li>



<li>les loisirs familiaux ;</li>



<li>les expériences touristiques.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">La plongée doit désormais trouver sa place dans cette économie de l&rsquo;attention.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pratiquant devient un consommateur d&rsquo;expériences</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Gilles Lipovetsky, nous sommes entrés dans une société d&rsquo;<strong>hyperconsommation</strong>, où l&rsquo;on ne consomme plus seulement des biens, mais des expériences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette logique se retrouve pleinement dans la plongée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plongeur recherche :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>une belle épave ;</li>



<li>des tortues, des requins ;</li>



<li>une série de photographies exceptionnelles ;</li>



<li>une expérience originale.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;activité devient parfois moins importante que l&rsquo;émotion qu&rsquo;elle procure. Le niveau de certification n&rsquo;est plus toujours une finalité, mais un moyen d&rsquo;accéder rapidement à une nouvelle expérience. La logique est proche du tourisme : vivre beaucoup d&rsquo;expériences différentes plutôt qu&rsquo;approfondir durablement une seule pratique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des pratiquants « zappeurs » d’activité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Zygmunt Bauman décrit une <strong>modernité liquide</strong>, dans laquelle les engagements deviennent plus fragiles et plus temporaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution touche également les activités sportives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pratiquants passent facilement :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>de la plongée au trail ;</li>



<li>du paddle au kitesurf ;</li>



<li>du VTT au parapente ;</li>



<li>de l&rsquo;escalade à l&rsquo;apnée.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cette diversification est positive, mais elle modifie profondément l&rsquo;investissement dans chaque activité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;adhésion durable à un club devient moins fréquente. Les pratiquants recherchent davantage des prestations ponctuelles adaptées à leurs envies du moment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des conséquences sur les formations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution sociale influence directement les formations en plongée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les candidats souhaitent souvent :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>apprendre rapidement ;</li>



<li>obtenir leur certification en quelques jours ;</li>



<li>réduire les séances théoriques ;</li>



<li>passer plus de temps sous l&rsquo;eau.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines structures répondent à cette demande en condensant les formations. La simplification pédagogique devient alors un argument commercial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, la plongée demeure une activité complexe qui mobilise simultanément :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>des compétences techniques ;</li>



<li>des connaissances scientifiques ;</li>



<li>des capacités décisionnelles ;</li>



<li>une gestion des facteurs humains ;</li>



<li>une conscience permanente du risque.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cette contradiction constitue un défi majeur pour les organismes de formation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une diminution de l&rsquo;investissement à long terme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les moniteurs constatent également une évolution du rapport à l&rsquo;engagement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrefois, de nombreux plongeurs :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>fréquentaient leur club (associatif)  toute l&rsquo;année ;</li>



<li>participaient à la vie associative ;</li>



<li>devenaient guides de palanquée/Nv. IV puis moniteurs.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, les parcours apparaissent souvent plus discontinus.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les interruptions de pratique sont plus fréquentes.</li>



<li>Les certifications avancées concernent une proportion plus réduite de pratiquants.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution ne traduit pas nécessairement une baisse de motivation, mais une concurrence accrue entre les multiples activités proposées par nos sociétés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les risques pédagogiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette recherche de rapidité peut produire plusieurs effets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier concerne « l&rsquo;illusion de compétence »: Un plongeur certifié rapidement peut surestimer ses capacités faute d&rsquo;avoir rencontré une diversité suffisante de situations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le second concerne la diminution de l&rsquo;expérience accumulée: Les compétences ne se construisent pas uniquement pendant la formation initiale ; elles nécessitent une pratique régulière, une confrontation à des contextes variés et une réflexion sur l&rsquo;expérience vécue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la pression économique peut conduire certaines structures à privilégier la satisfaction immédiate du client plutôt que des apprentissages durables.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;évolution des sociétés contemporaines transforme profondément le rapport aux activités sportives. L&rsquo;accélération du temps social, la multiplication des offres de loisirs et la recherche d&rsquo;expériences immédiates favorisent des pratiques plus ponctuelles, plus diversifiées et parfois moins investies dans la durée. La plongée sous-marine n&rsquo;échappe pas à ces mutations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les organismes de formation et les moniteurs, l&rsquo;enjeu est de concilier ces nouvelles attentes avec les exigences d&rsquo;une activité où la sécurité repose sur des compétences solides, progressivement construites et régulièrement entretenues. Adapter les formats pédagogiques sans céder à une simplification excessive constitue sans doute l&rsquo;un des principaux défis de la formation des plongeurs au XXIᵉ siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une nuance importante</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut toutefois éviter une lecture uniquement critique de ces évolutions. Les publics actuels ne sont pas moins motivés que ceux d&rsquo;hier ; ils investissent simplement leur temps différemment. Ils recherchent davantage de flexibilité, de personnalisation et de sens dans leurs loisirs. Le défi pédagogique consiste donc moins à regretter cette transformation qu&rsquo;à concevoir des formations capables de maintenir un haut niveau d&rsquo;exigence tout en s&rsquo;adaptant à ces nouvelles formes d&rsquo;engagement. C&rsquo;est probablement l&rsquo;un des enjeux majeurs de la plongée de demain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bibliographie</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Bauman, Z. (2000). <em>Liquid Modernity</em>. Polity Press. (<a href="https://www.amazon.fr/-/en/Liquid-Modernity-Zygmunt-Bauman/dp/0745624103" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>)</li>



<li>Bourdieu, P. (1979). <em>La distinction. Critique sociale du jugement</em>. Les Éditions de Minuit. (<a href="https://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-la_distinction-1954-1-1-0-1.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>)</li>



<li>Ehrenberg, A. (1998). <em>La fatigue d&rsquo;être soi</em>. Odile Jacob. (<a href="https://www.odilejacob.fr/catalogue/psychologie/psychologie-generale/fatigue-detre-soi_9782738108593.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>)</li>



<li>Lipovetsky, G. (2006). <em>Le bonheur paradoxal. Essai sur la société d&rsquo;hyperconsommation</em>. Gallimard. (<a href="https://www.gallimard.fr/catalogue/le-bonheur-paradoxal/9782070379880" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>)</li>



<li>Raveneau, G. (2004). <em>Transformations contemporaines de la plongée sous-marine en France</em>. In <em>Dispositions et pratiques sportives</em>. L&rsquo;Harmattan. (<a href="https://hal.parisnanterre.fr/hal-03136970v1/document" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>)</li>



<li>Rosa, H. (2010). <em>Accélération. Une critique sociale du temps</em>. La Découverte. (<a href="https://www.editionsladecouverte.fr/acceleration-9782707154828" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>)</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>De la tradition à une pédagogie fondée sur les preuves : une nécessité pour la plongée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Richard Mas]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 03:22:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Epistémologie]]></category>
		<category><![CDATA[Compétences]]></category>
		<category><![CDATA[Complexité]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences]]></category>
		<category><![CDATA[Simplification]]></category>
		<category><![CDATA[vulgarisation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Introduction Comparée à la médecine, à l&#8217;aéronautique ou aux sciences humaines, la plongée « dite » de loisir est une activité récente (voir ici ). Une grande partie des pratiques actuelles s&#8217;est construite : par l&#8217;expérience des pionniers ; par transmission entre moniteurs ; par essais et erreurs ; une formalisation encadrée par les modèles de type &#8230;</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comparée à la médecine, à l&rsquo;aéronautique ou aux sciences humaines, la plongée « dite » de loisir est une activité récente (<a href="https://lab-diving.com/les-transformations-modernes-de-la-plongee-sous-marine-approches-sociologiques/" data-wpel-link="internal">voir ici</a> ).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une grande partie des pratiques actuelles s&rsquo;est construite :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>par l&rsquo;expérience des pionniers ;</li>



<li>par transmission entre moniteurs ;</li>



<li>par essais et erreurs ;</li>



<li>une formalisation encadrée par les modèles de type P.P.O. (<a href="https://lab-diving.com/approche-critique-de-la-pedagogie-par-objectifs-dans-lenseignement-de-la-plongee-subaquatique-heritages-limites-et-perspectives-actualisees/" data-wpel-link="internal">voir ici</a>)</li>



<li>à partir d&rsquo;accidents (statistiques et épidémiologie) ayant conduit à modifier certaines procédures.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cette histoire explique pourquoi de nombreuses pratiques reposent davantage sur une «&nbsp;culture expérientielle&nbsp;» que sur une véritable validation scientifique. Ce constat n&rsquo;est pas une critique. Il reflète simplement la manière dont se développent la plupart des activités émergentes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;expérience n&rsquo;est pas une preuve</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;expérience constitue une ressource précieuse. Mais elle possède des limites bien connues en psychologie cognitive. Comme l&rsquo;ont montré Daniel Kahneman et Amos Tversky (2011), notre cerveau attribue facilement une relation de cause à effet entre deux événements qui se succèdent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un moniteur peut ainsi affirmer : « <em>J&rsquo;enseigne cette méthode depuis vingt ans, ça marche et je n&rsquo;ai jamais eu d&rsquo;accident.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette affirmation est rassurante. Elle ne démontre pourtant pas que la méthode est optimale. Elle montre simplement qu&rsquo;aucun accident ne lui permet de remettre sa pratique en question. L&rsquo;absence d&rsquo;accident ne constitue jamais une preuve d&rsquo;efficacité. C&rsquo;est précisément ce que rappelle Erik Hollnagel (2014) : la plupart des journées se déroulent normalement, y compris lorsque les organisations présentent des fragilités importantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le piège du retour d&rsquo;expérience</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreuses activités accidentogènes accordent une place centrale au RETEX (<a href="https://lab-diving.com/apprendre-de-son-experience-une-culture-a-developper/" data-wpel-link="internal">voir ici</a>). C&rsquo;est indispensable. Mais un retour d&rsquo;expérience ne possède pas, à lui seul, une valeur scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un RETEX correspond à «&nbsp;un cas particulier&nbsp;». Il permet :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>de générer des hypothèses ;</li>



<li>d&rsquo;identifier des signaux faibles ;</li>



<li>d&rsquo;ouvrir des pistes de réflexion.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne permet pas de conclure qu&rsquo;une méthode est universellement valable. En plus de ces réflexions modernes sur le RETEX, force est de constater que notre activité «&nbsp;peine&nbsp;» à notre connaissance, à exploiter le sujet.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La pyramide des preuves</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les sciences qui nous concernent, toutes les connaissances n&rsquo;ont pas le même niveau de fiabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au sommet figurent :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les méta-analyses ;</li>



<li>les revues systématiques ;</li>



<li>les essais contrôlés.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Puis viennent :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les études de cohorte ;</li>



<li>les études observationnelles.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin seulement :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les opinions d&rsquo;experts ;</li>



<li>les retours d&rsquo;expérience.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Or la plongée fonctionne souvent dans l&rsquo;ordre inverse<strong>. </strong>Les recommandations sont fréquemment élaborées à partir :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>de traditions ;</li>



<li>d&rsquo;habitudes régionalisées ;</li>



<li>de l&rsquo;autorité de certains moniteurs ou titres d’experts ;</li>



<li>d&rsquo;expériences personnelles.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://lab-diving.com/wp-content/uploads/2026/07/pyramide-des-preuves-1024x683.png" alt="" class="wp-image-1431" srcset="https://lab-diving.com/wp-content/uploads/2026/07/pyramide-des-preuves-1024x683.png 1024w, https://lab-diving.com/wp-content/uploads/2026/07/pyramide-des-preuves-300x200.png 300w, https://lab-diving.com/wp-content/uploads/2026/07/pyramide-des-preuves-768x512.png 768w, https://lab-diving.com/wp-content/uploads/2026/07/pyramide-des-preuves-1320x880.png 1320w, https://lab-diving.com/wp-content/uploads/2026/07/pyramide-des-preuves.png 1536w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;autorité n&rsquo;est pas un argument scientifique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans beaucoup de clubs, certaines pratiques sont maintenues parce que :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>On a toujours fait comme ça&nbsp;</em>! » ou « <em>C&rsquo;est ce que m’a appris un tel, il est super diplômé !</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">En sciences, ces arguments ne suffisent pas. La connaissance progresse précisément parce que les pratiques sont continuellement confrontées aux observations, aux expérimentations et aux données disponibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le rappelait Karl Popper (1959, 1963), une théorie scientifique n&rsquo;est jamais définitivement vraie ; elle doit toujours pouvoir être remise en question. Cette idée est particulièrement importante dans une activité où les publics, le matériels, les types de plongée et les connaissances physiologiques évoluent rapidement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une pédagogie fondée sur les preuves</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis une trentaine d&rsquo;années, les sciences humaines connaissent un mouvement comparable à celui de la médecine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On parle aujourd&rsquo;hui de « Evidence-Based Education&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« <em>Les meilleures décisions ne reposent ni uniquement sur l&rsquo;expérience, ni uniquement sur la recherche, mais sur l&rsquo;intégration des meilleures preuves disponibles avec l&rsquo;expertise du professionnel</em>. »</strong><strong> </strong>Sackett (1996)</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;idée est simple, une méthode pédagogique ne devrait pas être adoptée parce qu&rsquo;elle paraît séduisante ou parce qu&rsquo;elle est traditionnelle. Elle devrait être choisie parce que les recherches montrent qu&rsquo;elle produit de meilleurs apprentissages.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi la plongée accuse-t-elle un retard ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs facteurs peuvent l&rsquo;expliquer. D&rsquo;abord, peu de moniteurs sont formés aux sciences de l’éducation, aux STAPS, aux sciences cognitives ou aux sciences du danger. Ensuite, les cursus ont longtemps été élaborés par des experts techniques, davantage spécialistes de la pratique que de l&rsquo;apprentissage. L’absence de compétition, et donc d’enjeux sociaux, sociétaux et économiques restent également un des facteurs limitant la recherche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les accidents restent relativement rares au regard du nombre total de plongées, ce qui rend difficile l&rsquo;évaluation des méthodes pédagogiques uniquement à partir de l&rsquo;accidentologie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce contexte favorise naturellement le maintien de pratiques fondées sur l&rsquo;expérience plutôt que sur des preuves scientifiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vulgariser n&rsquo;est pas simplifier</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une confusion fréquente consiste à considérer que vulgariser revient à simplifier. Or ces deux démarches poursuivent des objectifs très différents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vulgarisation consiste à rendre des connaissances complexes compréhensibles sans en modifier le contenu. Elle mobilise des analogies, des exemples, des schémas ou des situations concrètes afin de faciliter la compréhension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La simplification excessive, en revanche, consiste à supprimer certaines informations au motif qu&rsquo;elles seraient trop difficiles. Cette distinction est fondamentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Expliquer progressivement les modèles de décompression constitue une démarche de vulgarisation. Dire à un élève de « lire et suivre son ordinateur » sans lui expliquer les hypothèses, les limites ou les conditions d&rsquo;utilisation de cet outil relève d&rsquo;une simplification qui réduit sa capacité de compréhension et son autonomie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, la vulgarisation conserve la complexité du phénomène tout en facilitant son appropriation ; la simplification abusive risque d&rsquo;appauvrir les connaissances nécessaires à la prise de décision et de conduire à un accident.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une nouvelle culture professionnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;objectif n&rsquo;est évidemment pas d&rsquo;opposer les anciens aux modernes. L&rsquo;expérience demeure irremplaçable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais elle devrait «&nbsp;dialoguer&nbsp;» avec les connaissances issues de :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la psychologie cognitive ;</li>



<li>la didactique ;</li>



<li>les sciences de l&rsquo;apprentissage ;</li>



<li>les facteurs humains ;</li>



<li>la cindynique ;</li>



<li>la physiologie et physiopathologie hyperbare.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Le véritable professionnel ne choisit pas entre science et expérience. Il mobilise les deux.&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;expérience permet de comprendre les situations singulières. La science permet de distinguer ce qui fonctionne réellement de ce qui relève de l&rsquo;habitude, de l&rsquo;intuition ou de la tradition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre thèse propose et défend que la plongée puisse entrer dans une troisième époque de son histoire pédagogique.</p>



<ol start="1" class="wp-block-list">
<li><strong>L&rsquo;époque des pionniers</strong> : l&rsquo;expérience construit les savoirs.</li>



<li><strong>L&rsquo;époque de la standardisation</strong> : les savoirs sont codifiés dans des cursus et des procédures.</li>



<li><strong>L&rsquo;époque des preuves</strong> : les savoirs, les méthodes pédagogiques et les choix de formation sont évalués et ajustés à la lumière des connaissances scientifiques.</li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading">Bibliographie</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Amalberti, R. (2001). <em>The paradoxes of almost totally safe transportation systems</em>. <em>Safety Science, 37</em>(2–3), 109-126. (<a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S092575350000045X" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>)</li>



<li>Archie Cochrane, A. L. (1972). <em>Effectiveness and Efficiency</em>. Nuffield Provincial Hospitals Trust. (<a href="https://www.nuffieldtrust.org.uk/sites/default/files/2017-01/effectiveness-and-efficiency-web-final.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>)</li>



<li>Bransford, J. D., Brown, A. L., &amp; Cocking, R. R. (2000). <em>How People Learn</em>. National Academies Press.(<a href="https://cradall.org/sites/default/files/How%20People%20Learn-Brain_Mind_Experience_and%20School%20-%20Expanded%20Edition.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>)</li>



<li>Chi, M. T. H. (2009). Active-Constructive-Interactive : A conceptual framework for differentiating learning activities. <em>Topics in Cognitive Science, 1</em>(1), 73-105. (<a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1756-8765.2008.01005.x" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lien</a>)</li>



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